Le pétrole dans la tourmente géopolitique
Le secteur pétrolier est au cœur des récents événements internationaux, synonymes de remaniement des flux et affectant directement les prix.
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L’arrivée de Trump au pouvoir en janvier 2025 aura eu des conséquences sur les échanges commerciaux de nombreuses matières premières, et l’or noir ne fait pas exception. Entre les tentatives de paix entreprises par le président américain pour la guerre en Ukraine, ou la récente capture du président vénézuélien Nicolás Maduro, les cartes sont en partie rebattues, laissant les opérateurs dans une grande incertitude concernant l’année à venir.
Le bilan excédentaire pèse sur les cours
Malgré un climat géopolitique particulièrement instable, la production en 2025 s’est affichée en hausse sur un an, avec un volume total de brut estimé selon l’Agence internationale de l’énergie (AIE) à environ 104 millions de barils par jour (Mb/j). L’Opep + (Organisation des pays exportateurs de pétrole) a augmenté sa production de près de 1,9 Mb/j en 2025, annulant les coupes décidées les années précédentes. Dans le même temps, les pays hors Opep + ont augmenté leur production de plus de 1 Mb/j, dont environ 300 000 b/j pour les États-Unis.
Dans un contexte de demande morose, l’AIE estime que la production dépassera la consommation de 2 Mb/j en 2025, et que ce surplus s’aggravera dans l’année à venir. L’Opep + a cependant récemment décidé de maintenir son niveau de production stable pour le premier trimestre de 2026. Enfin, le rythme des achats de la Chine, en vue de remplir ses stocks, a soutenu les prix ces derniers mois. Les poursuites de ces flux seront à surveiller en 2026.
La capture du président vénézuélien Nicolás Maduro et de sa femme par les États-Unis, le 3 janvier, a entraîné une importante volatilité sur le marché pétrolier. Si le pays a fortement réduit sa production de pétrole brut depuis plusieurs années à moins de 2 % de la part mondiale à ce jour, il reste néanmoins un acteur stratégique du fait de son important volume de réserve. Le Venezuela, membre de l’Opep, disposerait, selon cette dernière, des plus grandes réserves de pétrole brut au monde, avec quelque 303 milliards de barils, devançant l’Arabie Saoudite, soit environ 17 % des réserves planétaires.
Sanctions russes
Les nombreuses vagues de sanctions sur le pétrole russe ont finalement eu un impact avec notamment le blocage de la « flotte fantôme », ou encore le dix-neuvième paquet de mesures décidé en octobre 2025. Les gels d’actifs des deux exportateurs Rosneft et Lukoil (représentant près de 40 % des parts de revenus russes de pétrole) ont eu raison des flux à l’exportation, avec une chute de 22 % des revenus russes sur le gaz et le pétrole entre la période de janvier à novembre 2025 et la même période en 2024. Une potentielle issue de la guerre en Ukraine libérerait des volumes à l’exportation de pétrole russe, en augmentant l’offre et en pesant sur les prix.
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